06 décembre 2015

Chrysler 300S 2016 : quand Detroit s’en prend aux Allemandes

Chrysler 300S 2016 : quand Detroit s’en prend aux Allemandes

La Chrysler 300 est une voiture bien connue dans le monde de l’automobile. Lors de son arrivée en 2004, elle a pris le monde entier par surprise grâce à son design audacieux, ses proportions exagérées et ses performances plutôt surprenantes.

On va se le dire, avec l’aide du talentueux Ralph Gilles, Chrysler a rallumé une flamme éteinte depuis longtemps dans le créneau des berlines américaines de luxe de grande taille.

Maintenant, comment faire pour empêcher cette flamme de s’éteindre à nouveau dix ans plus tard? On réinvente le concept, ou on conserve la même formule gagnante?  Aux yeux de Sergio Marchionne, directeur général du groupe Fiat Chrysler, la 300 a encore ce qu’il faut pour faire face à la concurrence. C’est pour cette raison que le modèle 2016 a fait l’objet d’une refonte complète pare-chocs à pare-chocs.

Prête à se distinguer

La 300 en est déjà à sa troisième génération. Laissés à Dodge, les modèles SRT ne sont plus offerts chez Chrysler, pour le moment du moins.  En revanche, la gamme 300 a été complètement remaniée et se divise désormais en deux modèles distincts : la C et la S.

Affichant un prix de départ de 42 695 $, la 300C tire profit d’une approche classique conçue pour ceux qui préfèrent l’apparence prestigieuse de cette berline et qui favorisent le luxe avant la puissance. La C domine également la gamme en version Platinum avec un prix de vente de 44 695 $.

Le modèle sport, soit la 300S, se vend quant à lui au prix de détail de 41 695 $ et ajoute à la 300 une touche de performance fort appréciée.

Deux groupes motopropulseurs sont offerts pour chaque version : le V8 Hemi de 5,7 litres avec ses 363 chevaux demeure, tandis que les modèles d’entrée de gamme sont équipés du nouveau V6 Pentastar de 3,6 litres qui développe 290 ch en version C et 300 ch / 264 lb-pi de couple en version S. C’est un moteur fort impressionnant qui a d’ailleurs remporté plusieurs prix. Sur le plan de la traction, toutes les 300 envoient leur puissance vers les roues arrière; la traction intégrale est livrable en option.

Mon modèle d’essai était un modèle V6 S à traction intégrale noir sur noir rehaussé de jantes de 19 pouces également noircies, ce qui conférait à ma 300 un look diabolique digne des voitures des gangsters d’Hollywood.

Un habitacle hautement amélioré

Sur le plan de l’habitacle intérieur, on remarque instantanément les efforts déployés par Chrysler. Les plastiques de faible qualité ont été remplacés par des matériaux hautement supérieurs. L’ergonomie a également été complètement repensée et on y retrouve désormais une qualité d’assemblage nettement rehaussée qui transforme l’intérieur en un habitacle invitant et luxueux. Certes, on y trouve encore à redire; des vestiges des dernières générations, mais la plupart des accessoires de contrôle sont agréables au toucher, par exemple le volant qui est texturé d’un tissu spongieux fort agréable à manipuler.

Le tableau de bord présente un écran ACL situé entre les cadrans et un grand écran tactile trône au centre de la console centrale pour tout contrôler, des sièges chauffants au pare-soleil arrière. L’assemblage général est bien, sans toutefois dépasser les attentes. Le tout se traduit en un habitacle simpliste et fonctionnel.

Pour le modèles S, le noir est à l’honneur. L’intérieur est essentiellement peint en noir, à l’exception des coutures grises autour du volant et des sièges. De l’imitation de fibre de carbone et des plastiques au fini noir piano remplacent le faux bois de la 300C. L’habitacle paraît bien avec son allure proprement sportive, mais j’aurais tout de même aimé voir un peu plus de chrome ou de rouge pour contraster cet intérieur sombre.

Néanmoins, chapeau à Chrysler d’avoir fait de l’intérieur de la 300 un endroit invitant pour ses passagers. Les sièges en cuir sont superbes, j’adore le logo « S » positionné en plein centre, lui aussi peint en noir. Les sièges sont confortables et offrent amplement de soutien et suffisamment de support latéral pour une conduite agressive occasionnelle.

8 rapports, pourquoi pas?

Pour 2016, la 300 reçoit la toute nouvelle boîte automatique TorqueFlite à 8 rapports, la même qu’on retrouve chez Dodge. Cette boîte fonctionne en douceur dans les deux modes de conduite; D, qui est l’embrayage conventionnel, et S, qui est le mode sport. En mode S, la boîte change complètement son comportement et s’accroche plus longtemps aux révolutions en plus d’effectuer les passages de vitesse plus rapidement. Elle permet même au moteur de compresser en rétrogradant.

Les commandes de changement de vitesse au volant sont au bout des doigts et bien qu’elles soient intuitives à utiliser et ajoutent du plaisir à la conduite de la 300, elles sont parfois obstruées par les commandes audio positionnées juste en dessous; pas la meilleure décision ergonomique.

Oui, vous avez bien lu : plaisir de conduite.

Parce que se retrouver au volant de la 300 est plutôt amusant. Cette voiture a toujours été agréable à conduire, mais elle demeurait maladroite dans son exécution. Maintenant, avec le modèle S et son bouton Sport qui améliore les réflexes de la direction et modifie le rendement du moteur, la conduite de la 300 ressemble plutôt à celle d’une BMW série 5 qu’à celle d’une Lincoln Town Car. Certes, il s’agit à première vue d’une grosse berline lourde dans laquelle on ressent les effets du poids en abordant un virage. Son châssis répond également très mal aux imperfections de la route.

Mais elle demeure tout de même une voiture confortable et très silencieuse à conduire.

De plus, grâce à sa plateforme qui envoie d’abord la traction vers les roues arrière ainsi qu’à son comportement routier bien planté au sol, elle possède tous les éléments pour que sa conduite dynamique demeure intacte, même avec la traction intégrale.  La 300 est une berline plutôt athlétique qui permet à son conducteur de tester ses limites sans trop se plaindre. Rappelons-le, la 300 n’a pas été conçue pour le circuit, mais si vous l’apportez sur une piste d’accélération au cours d’une fin de semaine, elle ne vous laissera pas tomber.

Même avec le V6.

Ce moteur est un vrai bijou!

Il n’y a officiellement plus de honte à conduire une voiture sport américaine équipée d’un V6. En fait, dans le cas de Chrysler, le V6 s’avère désormais un achat plus futé que le Hemi.

Il n’est peut-être pas aussi puissant que son confrère à huit cylindres, mais le V6 Pentastar de 3,6 litres est tout simplement solide. Il propulse désormais presque tout chez Fiat Chrysler, des Caravans aux Wranglers.

La première chose qu’on remarque avec le Pentastar est à quel point il est silencieux en conduite de tous les jours. Il révolutionne librement jusqu’à son coupe-feu de 6500 tours/min et produit un son du tonnerre une fois passée la barre des 3500 tours, lorsqu’il commence à réellement livrer tout son couple. Ce moteur ne manque jamais de puissance. Je l’avoue, la 300 a été conçue en fonction d’un moteur V8, mais je vous assure que le V6 offre amplement de puissance.

Selon Chrysler, le 0 à 100 km/h se fait en un chrono de 6,5 secondes.

Des défauts charmants

Bizarrement, ce qui constitue le réel charme de la Chrysler 300 2016 est le fait qu’elle est loin d’être une voiture parfaite. Revenons sur ce moteur V6; bien qu’il soit moins énergivore que le V8, il ne fait pas de la 300 une voiture économique pour autant.

Durant mon essai, ma meilleure moyenne de consommation a été 9,5 litres / 100 km. Il faut mentionner que j’étais en mode D, que je contrôlais mes accélérations et que je conduisais comme une personne de l’âge d’or. En conduite normale, c’est-à-dire en mode S avec toutes les restrictions désactivées, ma moyenne a rapidement grimpé à 12 litres / 100 km. Pas vraiment économique, surtout pour un V6.

Un autre défaut important de la 300 est le dégagement restreint au plafond pour les occupants à l’arrière. Ironiquement, malgré ses proportions extérieures imposantes, notre tête touche facilement le plafond.

Ces défauts demeurent toutefois mineurs par rapport à l’agrément de conduite qu’offre la 300. De plus, son ensemble sport, qui vient muni d’une panoplie d’accessoires technologiques pratiques, comme un régulateur de vitesse intelligent et l’assistance au stationnement, en plus d’un époustouflant système de son Beats by Dr. Dre, transforme la 300S en une berline de luxe sport à prix très concurrentiel.

Plus important encore, la 300 conserve tous les attraits positifs des berlines américaines d’autrefois.

La 300S n’est peut-être pas une voiture raffinée, mais elle compense avec une prestance hors pair sur la route.  Son apparence provocante, toujours attrayante 10 ans après sa sortie, lui confère une flamboyance inégalée dans ce créneau féroce. Et ça, à mon sens, c’est assez pour me donner envie d’en acheter une.

 

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